Sport de nature et biodiversité

Le Lucane Cerf Volant (Lucanus Cervus)

Platière de la Vallée des ancêtres

Le massif de Fontainebleau est, à juste titre, mondialement connu. Il constitue le plus ancien exemple français de site de blocs, mais pas seulement, c’est un cas d’école de l’histoire de la conservation de la nature en France et dans le monde. 

Les alignements de buttes gréseuses alternent avec les vallées sèches. Les conditions de sols, d’humidité et d’expositions sont très variées. La forêt de Fontainebleau est réputée pour sa remarquable biodiversité animale et végétale. Ainsi, elle abrite la faune d’arthropodes la plus riche d’Europe (3.300 espèces de coléoptères, 1.200 de lépidoptères) ainsi qu’une soixantaine d’espèces végétales protégées.Le massif est célèbre pour les platières gréseuses, les chaos de grès, les landes, les pelouses calcaires et sablo-calcaires, les chênaies pubescentes, les hêtraies…

Beaucoup d’espèces sont rares et se raréfient, pendant que le nombre de grimpeurs, traileurs, promeneurs se multiplient. 

Le museum d’histoire naturel, avec d’autres institutions rassemble les informations concernant les espèces et milieux et leur état de détérioration. Nous n’allons pas rentrer dans les détails, mais en 2001, une zone plus grande que la forêt domaniale de Fontainebeau, a été désignée “zone de protection spéciale”. Sur le massif de Fontainebleau sont recensés:24 habitats d’intérêt communautaire;14 espèces d’intérêt communautaire; 17 espèces d’oiseaux d’intérêt communautaire, parmis ces espèces figurent bien sûr le Lucane Cerf Volant. 

Et alors…pour faire simple, la forêt de Fontainebleau n’est pas une forêt primaire, mais bien une forêt façonnée par l’homme qui l’a toujours plus ou moins fréquentée. Les espèces ne sont pas devenues menacées ou en danger du simple fait de cette fréquentation, ne racontons pas d’histoire. Si les oiseux, fauvettes, engoulvents, pie grièce, préfèrent les landes ouvertes locales, c’est aussi car les landes sèches pleine d’insectes se sont raréfiés dans les alentours. Si les chauves souris s’y retrouvent pas chasser ou hiberner, c’est car il y a encore une certaine population d’insectes. En effet la sylviculture pratiquée n’utilise aucun insecticides ou herbicides. Pour notre Lucane, sachez qu’il ne vit que quelques semaines à l’âge adulte, pour 5 ou 6 ans à l’état larvaire. La larve se nourrit de fibre de bois, en particulier de bois mort et l’adulte se nourrit de sève.C’est en partit pour cette raison que les forestiers conservent toujours des arbres morts non dangereux dans la forêt, ou laissent des branches mortes au sol. C’est aussi pour cela, mais pas que, que des zones entières de la forêt, presque 10% font l’objet de mesure de conservation: les résèrves biologiques intégrales (1000 hectares), où les résèrves biologiques dirigées (1000 hectares).

Et en quoi cela nous concerne, nous les sportifs de nature? L’article de TL2B sur le sujet des RBI est assez complet et vous pouvez le lire ici

Mais globalement, comme sur toutes les falaises ou espaces naturels, les sportifs de nature sont plus qu’au fait, ou tout du moins devraient l’être, qu’ils ne sont pas sur un équipement artificiel réservé à l’homme, mais dans un espace naturel partagé. 

Dans les RBI, ni le forestier, ni le promeneur ne sont les bienvenus pour observer, étudier, sur le long terme l’effet tant de l’exploitation forestière sur l’écosystème que de comprendre l’effet de la fréquentation sur ce même écosystème. La présence des sportifs de nature dans ces zones, nous parait anodine….car nous pensons et aimons être les seuls dans ces espaces. Mais d’après les compteurs et les enquêtes de 2015, il y aurait jusqu’à 13 millions de visites par an, 13 millions de personnes qui se disent être les seuls dans la forêt, que ce qu’ils trépignent, écrasent, ramassent, n’est qu’une petite quantité…que leur lumière, cris, musique, mégots, ne sont que temporaires. 

Il y a aussi des zones dites « réserves, biologiques dirigées” comme la platière de Coquibus, où la présence de l’homme est tolèrée, mais l’objectif prioritaire sur ces zones n’est pas l’accueil du public ou les sports de nature, mais le maintien de la biodiversité. Par exemple, les sables du cul de chien sont une zones d’accueil du public, les nids de poule sont rebouchés, les arbres dangereux retirés, les pistes cavalières prévues et les sites de blocs y sont peint pour que tout le public s’y retrouvent des débutants aux expérimentés. Dans les RBD, il est demandé aux sportifs de nature de ne pas développer leur activité de manière excessive, et d’être très vigilant dans les périodes de reproduction, en particulier au printemps. 

Il n’y a pas à ce jour d’analyses complètes du lien entre telle pratique et l’impact sur un habitat ou une espèce, et ce travail de recherche est aussi important pour nous les sportifs qu’il peut l’être pour les associations écologistes. En attendant, il y a aussi quelques évidences qu’il peut être bon de rappeler:

  • La musique amplifiée perturbe la plupart des animaux qui vont identifier la zone en question comme une zone non accueillante, voir s’en éloigner, même si cette zone constitue leur meilleur habitat. 
  • La pratique de nuit, avec des lampes, perturbe également la faune sauvage. Des études ont déjà montré que des espèces qui habituellement chassaient ou se nourrissaient la journée, le font maintenant à l’aube ou au soir, voire la nuit. Ceci est compris comme une manière choisie par ces espèces pour éviter la fréquentation humaine. La nuit est donc à considérer comme une période de repos pour la faune de cette forêt très fréquentée. 
  • Le brossage des blocs pour l’ouverture des blocs implique le retrait de lichens et de mousses. A ce stade il y a très peu d’études sur ces espèces, mais en tant que grimpeur nous pouvons juste partir du principe qu’il est aussi efficace de lire le bloc en avance et de ne retirer que ce qui se doit d’être retiré.
  • Le feu, celui du réchaud ou autre…se répand comme une traînée de poudre dans cette forêt, mais de manière cachée. Le sol est essentiellement, ou souvent, constitué d’une couche sableuse, avec peu de matière organique. Il est facile de penser qu’un feu de camp éteint ou qu’un mégot ne trouvera rien à enflammer. Erreur, il y a de nombreuses poches où se concentrent les feuilles, épines, brindilles séchées. La chaleur de la flamme n’est en rien réduite dans ce sol très sec, et progressivement la chaleur se concentre et la matière sèche se met à brûler. Pour résumer, un feu mal éteint le dimanche midi, peut déclencher un feu brûlant de 4 hectares le mardi soir. 
  • Le piétinement hors des chemins, le fait de traîner des crash pads, conduit à la réduction de la couche végétale, la mise à nue du sol très sableux….et un sol sableux est un sol qui s’érode très vite.

Au CLAC, on prévoit à la fois de vous informer, et si possible de vous permettre de participer à des journées de sensibilisation et d’entretien de la forêt.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :